Les tribulations de notre famille Fenouillard

Aujourd'hui ici, demain ailleurs ...

29 novembre 2009

"Avent" première...

En ce premier dimanche de l'Avent , vos broussards calédoniens sont heureux de vous offrir cette petite danse de saison...

(l'idée vient de , merci les Brodeurs!)

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Posté par LEOCADIE F à 19:34 - La vie , en vrai, des Fenouillard - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 novembre 2009

Etre à la hauteur

Le correspondant australien de votre dernier est arrivé Jeudi.

Vous avez deux semaines pour lui faire découvrir les charmes de la France à travers le quotidien de votre famille.
( on passera sur le fait que l'école de votre fils, où il se rend tout les matins, soit bilingue et plus australienne que française, que vous viviez à 22 OOO km de la Métropole et que la France d'ici ne soit qu'un reflet tropical de l' Hexagone ).

Jason est le dernier d'une fratrie comptant 4 soeurs et un frère . Vos ados , leurs looks, leurs moeurs ne semblent pas l'effrayer. Il s'est adapté très vite au rythme toujours un peu  décousu de votre famille et vous abreuve de   "très bien" à tout propos...

Dimanche la météo était mitigée. Mais désireux de montrer à votre Australien autre chose que la collection de jeux vidéos de votre fils, vous décidez de partir pique niquer au Mont Khogi. Vous embarquez au passage un copain de Petit Dernier et sa correspondante .

Histoire de les mettre en appétit (et de passer un moment tranquille) vous proposez au groupe un parcours "d'accrobranche" avant le déjeuner :une petite ballade de santé à plusieurs mètres du sol avec ponts de singe, lianes, tyroliennes et autres traversées  sur des filins tendus entre les arbres.

Les enfants sont ravis, les Australiens applaudissent et lancent des "merci beaucoup" à tout va .

Vous envoyez donc votre troupe s'équiper et suivre les instructions de sécurité pendant que que vous cherchez un endroit confortable pour installer votre pique nique. Agénor est parti un peu plus loin faire courir les chiens ( il s'est fait mal au dos la veille en déplaçant des pierres dans le jardin et ne peut pas faire le parcours). Vous l'attendez pour entamer un petit apéro à l'ombre d'une fougère arborescente....
...quand le cri de votre fils vient troubler votre tranquillité :

-Mam,  t'es obligée de le faire car les enfants entre dix et douze ans doivent être avec un adulte
-Mais mon chéri tu sais bien que j'ai le vertige sur un tabouret et puis tu l'as déjà fait plein de fois, Jason a 12 ans,  ta soeur  grimpe comme une chèvre et la corres de Max fait presque deux fois ma taille ..
-Oui eux ça va ,mais si tu viens pas Max et moi on ne peut pas le faire..
.

 

Devant sa mine déconfite vous partez voir le responsable bien décidée à entamer des négociations. Mais rien n'y fait, il y a un règlement et  un adulte doit impérativement  accompagner les moins de 12 ans.

-Bon Madame va falloir vous décider parce qu'il y a du monde qui attend derrière pour la démonstration !
-Allez maman, juste le premier niveau (15 obstacles, 5 à 7 mètres du sol)
-Mais vous savez ils seraient mieux sans moi c'est eux qui vont devoir m'aider, ils ne peuvent vraiment pas y aller seuls...
-La consigne c'est la consigne...



Et avant même que vous n'ayez eu le temps de dire ouf, vous vous êtes retrouvée harnachée pour l'aventure (à ce stade là , le côté Lara Croft donné par l'équipement n'était pas pour vous déplaire ...)

Tarzan (le responsable ) fait un mini parcours devant vous pour  expliquer  où , quand et comment accrocher vos mousquetons et votre poulie pour vous sécuriser. Puis il grimpe sur la première plate forme et effectue un allez retour en sautillant sur le pont de singe . Il semble aussi à l'aise que son lointain ancêtre Johnny Weissmuller (c'est à ce genre de références que vos lecteurs mesureront votre grand âge...), le pagne en moins (et un jean en plus....).

Vu d'en bas ça a l'air facile. Vous laissez passer un premier groupe de trois, puis votre fille suivie des deux Australiens.

Votre dernier trépigne mais vous lui expliquez que vous devez vous concentrer.

C'est à votre tour. Vous montez donc en haut d'un arbre  pour attaquer le premier parcours. Pas très haut, à 3 mètres du sol. Vous évitez néanmoins  de regarder en bas.  Vous sentez vos mains devenir moites sous vos gants et sans votre harnais vous perdriez votre "boyfriend" (les fashion victims auront compris que vous parlez de votre jean pas d'Agénor )...

Surtout ne pas réfléchir, vous accrochez vos mousquetons et mettez un pied sur la première planche du pont...chaque pas vous coûte , derrière vous entendez votre fils vous dire de vous dépêcher, il trouve très drôle du haut de ses presque 10 ans de faire trembler le pont...vous hurlez et gagner la deuxième station à bout de souffle.

Vous voulez arrêter, descendre , vous êtes bloquée , vous ne pouvez ni avancer , ni reculer.

Des applaudissements jaillissent, vous jetez un coût d'oeil rapide à terre, une de vos copines est là avec ses 4 enfants et ses deux Australiennes . Votre mari joint ses encouragements aux leurs.

-Bon elle se magne la grosse (non il ne l'a pas dit mais vous sentez que c'est ce que pense très fort le monsieur du groupe qui est derrière vous)

Vous n'avez pas le choix...c'est une tyrolienne , c'est moins impressionnant, vous accrochez votre poulie et vous ....vous asseyez au bord de la plate forme. Votre fils juste derrière  vous encourage à sa façon:

-Allez mam, vas y ou je te pousse, tu fais pitié grave là  et c'est même pas haut tu verras après...

Vous avez conscience du côté à la limite du grotesque de la situation. Vous savez que fondamentalement vous ne risquez rien, d'ailleurs vous n'avez pas peur pour vos enfants. Mais le vertige de s'explique pas et ne se commande pas. On a beau se raisonner , on n'y peut rien. Que ce soit dans les escaliers de la tour Eiffel, dans le dôme du sacré Coeur de Montmartre, dans les ascenseurs panoramiques de l'Arche de la Défense, en haut de la Sky Tower d'Auckland...ou n'importe où qui soit à plus de 1 mètre du sol vous avez des sueurs froides dès que vous regardez en bas...

Vous fermez les yeux et vous vous lancez... ça va , ça glisse tout seul le long du filin, vous arrivez à l'étape suivante.

L'horreur: un fil tendu entre deux arbre et un autre au dessus pour vous tenir (à 7 mètres de haut ...).

Votre coeur s'emballe, vos jambes flagellent, Agénor vous donne des conseils mais vous les entendez à peine. Vous voulez que ça cesse, vous demandez qu'on vienne vous chercher. Mais Tarzan est introuvable, et vos enfants comptent sur vous.

Vous clipsez vos mousquetons et commencez votre traversée . Vous appuyez tellement fort sur le filin que vous avez l'impression de le sentir s'incruster sous vos pieds malgré la semelle épaisse de vos chaussures de marche achetées pour quelques dongs à Sapa. Vous réalisez à ce moment là que c'est surement de la marchandise chinoise de contrebande et vous pensez que la semelle va s'ouvrir que le filin d'acier va découper votre pied...Vous réussissez néanmoins à atteindre l'arbre suivant.

Vous avez du mal à respirer , vous regardez la suite du parcours : un rondin attaché à deux câbles sur lequel vous devez marcher toujours plus haut , toujours plus loin...Vous avez beau essayer les exercices de respirations appris au yoga, vous avez du mal à retrouver votre calme. Vous avez l'impression de vous liquéfier... Petit Dernier et son copain vous pressent, vous entendez votre fille crier qu'elle attaque le deuxième parcours toujours suivie des deux Pokens  aussi à l'aise dans les arbres que les koalas de leur mère patrie. Tout le monde semble s'amuser, vous êtes décomposée. Vous vous sentez encore plus seule que Ségolène Royal à un meeting du PS...Mais vous n'avez pas le choix vous devez avancer...

Vous franchissez les derniers obstacles dans un état second,  décidée à en finir au plus vite.

La dernière tyrolienne celle qui clôt le premier parcours  vous ramène sur le plancher des vaches ...

Un ultime effort et vous touchez enfin le sol, vidée mais contente de l'avoir fait.

Petit Dernier a compris qu'il n'avait aucune chance de faire le deuxième parcours avec vous. Tarzan a eu pitié, il a vu de quoi il était capable et a surtout compris que vous ne seriez d'aucun secours en cas de problème, il l'autorise donc à partir en suivant un groupe...

Votre fille vous appelle, elle est là haut à 18 mètres du sol  avec Jason ...

Vous vous débarrassez de votre harnais et partez vous effondrer sur la couverture du pique nique pour prendre un remontant dont vous avez bien besoin...

...et vous pensez que ce n'est pas gagné pour le prochain défi familial: un saut à l'élastique ou un saut en parachute en tandem !

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Posté par LEOCADIE F à 12:24 - La vie , en vrai, des Fenouillard - Commentaires [43] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 novembre 2009

L'angoisse de la page blanche

Ce sont les vacances.

Une semaine avant d'attaquer l'ultime ligne droite, celle qui clôt le dernier trimestre, la plus chargée pour tous puisqu'ici année scolaire et année civile correspondent.

Si le calendrier austral annonce l'arrivée proche de l'été, la météo en a décidé autrement . Le vent et la pluie se sont invités pour ces quelques jours sans école.

Petit Dernier rentré d'Australie en pleine forme a déjà invité deux copains , votre troisième ne voulant pas être en reste a suivi le même chemin. Le niveau sonore de la maison est monté d'un cran!

Il y a de l'électricité dans l'air...votre fille a dû le pressentir puisqu'elle est partie camper avec des amis à 200 km de Nouméa sur la jolie plage de Poé. (elle vous envoie régulièrement des textos pour vous dire que tout va bien et qu'il fait super beau ce que vous avez un peu de mal à croire en regardant par la fenêtre de votre salon...mais vous avez votre petite idée sur le prénom du soleil en question).

Ce matin vous avez réussi à vous débarrasser des pré-ados qui envahissaient votre sweet home en les envoyant au tennis. Il y a un tournoi ça tombe bien ! Et comme votre fils  vous a fait comprendre qu'il se passait volontiers de vos commentaires (en vous faisant remarquer que lorsqu'il joue contre vous vous ne marquez pas un jeu), vous avez décidé que cette fois-ci il se passerait aussi de votre présence au bord des courts.

Vous savourez donc votre deuxième tasse de "Fleur de Geisha "en lisant Voici et en écoutant Ruquier en Podcast "Trois femmes Puissantes " et en écoutant un concerto de Bach quand une voix mâle s'élève: "Put..fait chi...."

Vous sursautez en renversant la moitié de votre thé sur votre magasine livre et mettez quelques secondes à réaliser que ces mots s'échappent de la chambre de votre aîné.


Il faut dire que depuis quelques temps il est rarement à la maison quand vous y êtes: l'ado de 17 ans préférant vivre en bande plutôt qu'en famille, sa meute se déplaçant en fonction de la  non présence d'adulte dans la tanière.

Mais cette semaine il est là.

Il vous avez d'ailleurs prévenu: "Mam, pendant ces vacances je ne sors pas. Je révise. Je passe l'écrit du Bac français le 10 Nov (et... l'oral le  9 décembre ), donc je bosse. "

Mais le silence est tellement inhabituel dans sa chambre que vous aviez oublié.

Il travaille !

Sans musique, sans coup de fil (vous n'entendez plus son portable sonner touts les 10 minutes)...sans bruit.

Cela vous a impressionné au début.

A tel point que vous étiez persuadée qu'il dormait.

Vous êtes entrée plusieurs fois à l'improviste , pensant le surprendre ,comme souvent, sur son lit avec sa guitare...

...mais votre Jim Morrison (ben quoi vous avez bien le droit de lui trouver une ressemblance purement physique cela s'entend !) était sagement en train de noircir des pages blanches .

Vous trouvant un peu bête vous lui avez alors proposé un jus d'orange , un café, une tisane...

-(voix de martyre)"Laisse tomber Mam , suis pas malade je bosse et ça me faich"

Pas malade peut être mais certainement pas dans son état normal. Il a été jusqu'à ranger entièrement sa chambre à laquelle vous aviez refusé de toucher depuis six mois .

Les tas de vêtements épars ont disparu, il a trié , plié , empilé le tout proprement dans son armoire...il a classé ses cours, nettoyé son bureau ...tout est dans un ordre quasi monacale. (version moine tibétain puisque depuis que vous êtes rentrés d'Angkor il a installé des statuts de Bouddha, fait brûler de l'encens et a remplacé ses rideaux par des tentures représentant Ganesh)

Il ne sort de sa chambre que pour se restaurer en silence avec un air résigné (ce qui ne l'empêche pas d'avaler d'énormes assiettes)  et retourne au turbin . Le seul contact qu'il garde avec le monde extérieur étant un coup de fil quotidien avec ses copains pour comparer l'avancement de leurs révisions (et il ne parle que de ça vous avez écouté derrière la porte ) .

Cela fait trois jours que ça dure.

Ses frères peu habitués à le voir ainsi ne savent vraiment pas  comment se comporter avec lui.

Il le traite presque comme un grand malade, chuchotant pour ne pas le déranger, lui laissant les meilleurs morceaux ou lui apportant des verres de sodas ou des carrés de chocolat qu'ils déposent devant sa porte pour ne pas le déranger.

Et vous n'êtes pas loin d'agir de la même façon, vous cuisinez ses plats préférés et multipliez les desserts .

Vous savez que cet examen n'est que le premier d'une longue série et qu'étant l'aîné c'est lui qui ouvre le bal de tous les bacs, concours, deugs, licences, masters et autres doctorats  que passeront vos enfants (enfin vous espérez...) . Vous savez aussi que lorsque ce sera le tour de votre dernier beaucoup de portes auront été ouvertes , que certaines illusions se seront surement envolées et que si le Bac de français existe toujours ( pour votre dernier qui veut suivre une scolarité anglophone ça risque d'être vite réglé) cela n'aura certainement pas le même impact sur vous.

Vous aurez le temps de vous habituer.

Et pour votre fils aîné vous êtes plutôt confiante .

On peut être un rebelle à cheveux longs  fêtard et trublion et écrire correctement, on peut même décrocher un prix littéraire !

Posté par LEOCADIE F à 17:43 - La vie , en vrai, des Fenouillard - Commentaires [32] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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